Première table ronde au SAHEL 2020: « Le conseil agricole pour faire face aux enjeux phytosanitaires au Niger : est-on prêt ? »

A l’initiative de l’APCA, le SAHEL 2020 a organisé une table ronde pour débattre des enjeux phytosanitaires aujourd’hui au Niger et apprécier dans quelle mesure le conseil agricole peut répondre à ces enjeux. Le débat animé par un chercheur du centre Agrhymet a réuni 6 panélistes du MAGEL/DGPV, de l’INRAN, du RECA, de la FCMN Niya, de XX et de l’APCA.

L’enjeu phytosanitaire aujourd’hui au Niger peut se résumer de la façon suivante : Comment concilier sécurité alimentaire des populations, développement agricole, sécurité sanitaire et protection de l’environnement. Cette quadrature du cercle est de plus à resituer dans un contexte très libéralisé : importance des flux de produits en provenance du Nigéria, importance des importations de produits phytosanitaires maintenant interdits en Europe, faiblesse des contrôles. 

Deux heures de débats riches n’ont certes pas réussi à faire le tour du sujet. Ils ont cependant permis de dégager des faits et des chiffres pour mieux comprendre la situation et mieux se préparer. 

La forte augmentation de la production maraîchère dans tout le pays et toute l’année, avec maintenant jusqu’à trois campagnes annuelles est une très bonne chose, mais elle s’accompagne d’une pression phytosanitaire accrue. Les questions phytosanitaires sont d’ailleurs la 1ère cause d’appel au centre d’appel du RECA (60% des appels en 2019). A ce jours les producteurs(trices) n’ont que peu d’alternatives aussi efficaces que les produits chimiques. Or la grosse majorité de ces produits ne sont pas homologués au Niger (75% selon le RECA). Le faible niveau d’alphabétisation des producteurs(trices) ne leur permet pas toujours de bien comprendre les notices d’application, parfois écrites en langues étrangères. Les femmes qui sont très actives dans les jardins maraîchers sont souvent enceintes ou allaitantes, deux périodes particulièrement à risque en cas d’exposition à des produits chimiques. Enfin la faiblesse des systèmes de suivi épidémiologique et écologique ne permet pas non plus de connaître les impacts sur la santé et l’environnement. Bien conscients des enjeux, certains dispositifs de conseil cherchent soit à promouvoir des bonnes pratiques d’utilisation, soit à promouvoir des solutions alternatives.

Pour être prêt face à ces enjeux phytosanitaires, le Niger aura besoin de tout le monde : L’État pour le contrôle, la recherche pour la veille et trouver des solutions alternatives, des revendeurs responsables et mieux formés, des dispositifs de conseil sur le terrain, etc.

Cette première table ronde du SAHEL est par ailleurs bien illustrative de la posture singulière de l’APCA dans le SNCA : acteur pivot qui valorise les expériences et compétences de tous les acteurs pour répondre aux préoccupations concrètes des producteurs(trices) en termes de conseil.

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